La vérité sur la situation lybienne

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La vérité sur la situation lybienne

Message  Lion du Mippes le Ven 17 Juin - 15:21

Voici 2 extraits d'un rapport original sur la situation lybienne. Nous félicitons et remercions le CIRET-AVT qui est une association amie, ainsi que tous ceux qui ont concuru à ce travail très instructif. Il est fort peu probable d'entendre une telle version à la télévision aux heures de grande audience. C'est bien dommage. Si vous souhaitez le rapport complet, n'hésitez pas à nous le demander.

Organisée à l’initiative du Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) et du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), et avec le soutien du [url=http://www. mpforum.org/]Forum pour la paix en Méditerranée[/url], une délégation internationale d’experts s’est rendue tour à tour à Tripoli et en Tripolitaine (du 31 mars au 6 avril), puis à Benghazi et en Cyrénaïque (du 19 au 25 avril), afin d’évaluer la situation libyenne en toute indépendance et neutralité et de rencontrer les représentants des deux parties.
Une telle démarche, dans le cadre de la crise libyenne reste à ce jour unique.
La délégation comprenait les personnalités suivantes :
- Mme Sayda BenHabylès (Algérie), ancienne ministre de la Solidarité, ancien Sénateur, membre fondateur du CIRET-AVT, Prix des Nations Unies pour la société civile,
- Mme Roumiana Ougartchinska (France/Bulgarie), essayiste, journaliste d’investigation,
- Le Préfet Yves Bonnet (France), préfet honoraire, ancien député, ancien directeur de la Surveillance du territoire (DST), président du CIRET-AVT,
- Mr Dirk Borgers (Belgique), expert indépendant,
- Mr Eric Denécé (France), directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R),
- Mr André Le Meignen (France), expert indépendant, vice-président du CIRET-AVT.
Les principes qui ont guidé l'action de la délégation sont les suivants :
- attachement aux principes démocratiques : liberté, droits de l'homme et de la femme, résistance à l'oppression tels qu'affirmés dans les actes et décisions de l'ONU ;
- sécurité et sauvegarde des populations civiles ;
- neutralité dans le conflit ;
- interdiction de la promotion des intérêts nationaux ;
- opposition à toute intervention militaire étrangère transgressant le droit international, ou fondée sur un prétendu droit d'ingérence en contradiction avec les principes fondateurs de l'ONU ;
- énonciation des faits excluant tout jugement ;
- sens critique.
Sur ce dernier point, il convient de souligner que la délégation, de par sa composition, a bénéficié d'une expertise approfondie dans l'analyse et le décryptage des situations de crise et de la désinformation. Tout au long de sa mission, dans un conflit plus médiatique que proprement militaire, elle est restée particulièrement vigilante aux risques de manipulation de la part de ses interlocuteurs. Elle a entendu se tenir à distance des contempteurs de la rébellion comme des thuriféraires du régime de Tripoli.
Enfin, la mission a pu être autonome, en terre arabophone, en matière de traduction, grâce à la présence et à la disponibilité de Mme BenHabylès, que toute la délégation tient ici à remercier.
Nota:
Ce rapport n’intègre que les événements survenus jusqu’au 30 avril 2011.



RESUME
Il n’est nul besoin d’insister sur la nature hautement critiquable de la dictature imposée, depuis 1969, par Muammar Kadhafi à ses concitoyens. Face à une telle situation, rien n’est plus légitime que l’aspiration à plus de liberté et de démocratie.
Néanmoins, l’étude des faits conduit à affirmer que la « révolution » libyenne n’est ni démocratique, ni spontanée. Il s’agit d’un soulèvement armé de la partie orientale du pays, dans un esprit de revanche et de dissidence, qui tente de s’inscrire dans la dynamique du « printemps » arabe, dont il ne relève cependant pas.
Le mouvement libyen ne peut donc être comparé avec les révoltes populaires tunisienne et égyptienne.
Plus inquiétant, le CNT s’affirme n’être qu’une coalition d’éléments disparates aux intérêts divergents, dont l’unique point commun est leur opposition déterminée au régime. Les véritables démocrates n’y sont qu’une minorité, et doivent cohabiter avec des d’anciens proches du colonel Kadhafi, des partisans d’un retour de la monarchie et des tenants de l’instauration d’un islam radical.
Le CNT n’offre, en conséquence, aucune garantie pour l’avenir, malgré la détermination des démocrates, car les autres factions entendent bien orienter le conseil dans le sens de leurs objectifs.
Surtout, la Libye est le seul pays du « printemps » arabe dans lequel le risque islamiste s’accroît, la Cyrénaïque étant la région du monde arabe ayant envoyé le plus grand nombre de djihadistes combattre les Américains en Irak.
Il semble donc que les puissances occidentales ont fait preuve d’un aventurisme excessif en s’engageant dans cette crise. Ce qui devait être une victoire facile est devenu un semi-échec en raison de l’inconsistance des forces rebelles. L’enlisement des opérations des insurgés ne leur laisse que deux possibilités : un recul peu glorieux ou un engagement accru dans le conflit, notamment par l’envoi d’unités terrestres.
L’intervention occidentale est en train de créer plus de problèmes qu’elle n’en résout. Elle risque fort de déstabiliser toute l’Afrique du Nord, le Sahel, le Proche-Orient, et de favoriser l’émergence d’un nouveau foyer d’islam radical, voire de terrorisme, en Cyrénaïque.
La coalition parviendra peut-être à éliminer le guide libyen. Mais l’Occident doit prendre garde qu’il ne soit pas remplacé par un régime plus radical et tout aussi peu démocratique.
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